Traiter l’enfant contre le saturnisme

Le traitement de l’enfant comporte selon les cas, parfois une chélation et souvent un traitement martial.

La prescription et la conduite d’une chélation relèvent nécessairement d’un service hospitalier (médicaments réservés aux hôpitaux), au contraire du traitement martial !

Traitement chélateur

Médicaments

Avant d’utiliser l’un des chélateurs disponibles, il est indispensable de prendre connaissance du Résumé des Caractéristiques du Produit qui est accessible en ligne sur la banque de données Thériaque.

  • succimer : SUCCICAPTAL® Ce médicament étant commercialisé en gélules dosées à 200 mg, il est souvent nécessaire de demander au pharmacien hospitalier de reconditionner le médicament pour adapter chaque prise à la posologie precrite.
  • EDTA
  • EDTA 3,5 mg/ 1 ml
  • EDTA 500 mg/ 10 ml
  • BAL

Plombémie entre 250 et 450 µg/L

Une chélation orale par le succimer (SUCCICAPTAL®) est indiquée si les mesures d’éviction ne permettent pas :

  • d’obtenir dans un délai raisonnable un retour de la plombémie en-dessous de 250 µg/L ;
  • de corriger une anémie microcytaire malgrè un traitement martial bien conduit.

Dans ce cas, la prescription est : 1 000 mg/m²/j de succimer, en 3 prises quotidiennes, pendant 5 jours consécutifs.

Cette cure peut, si nécessaire, être renouvelée avec un intervalle libre de 3 semaines.

Plombémie entre 450 et 700 µg/L

Une chélation orale par le succimer (SUCCICAPTAL®) est indiquée : 1 000 mg/m²/j de succimer, en 3 prises quotidiennes, pendant 5 jours consécutifs.

Les cures sont répétées avec un intervalle libre de 3 semaines jusqu’à l’obtention d’une plombémie acceptable (< 150 µg/L).

Plombémie entre 700 et 1000 µg/L

Une hospitalisation est nécessaire sans délai afin de mettre en oeuvre une chélation associant :

  • EDTA : 1 500 mg/m²/24 heures pendant 5 jours, en perfusion intraveineuse continue associée à une hyperhydratation neutre (3 L/m²/24 heures) ;
  • SUCCICAPTAL® : 1 000 mg/m²/j pendant 5 jours, en 3 prises orales quotidiennes.

Ces cures de chélation doivent être répétées autant de fois que nécessaire, avec l’association EDTA-SUCCICAPTAL® au début, avec un relais par le SUCCICAPTAL®seul.

Plombémie supérieure à 1000 µg/L

Une hospitalisation est nécessaire en urgence afin de mettre en oeuvre une chélation associant :

  • dans un premier temps, jusqu’à l’obtention d’une plombémie < 700 µg/L, des cures associant :
  • BAL : 450 mg/m²/24 heures en 4 à 6 injections Intramusculaires ;
  • EDTA : 1 500 mg/m²/24 heures pendant 5 jours, en perfusion intraveineuse continue avec une hyperhydratation neutre (3 L/m²/24 heures) ;
  • dans un deuxième temps, après l’obtention d’une plombémie < 700 µg/L, des cures associant :
  • EDTA : 1 500 mg/m²/24 heures pendant 5 jours, en perfusion intraveineuse continue avec une hyperhydratation neutre (3 L/m²/24 heures) ;
  • SUCCICAPTAL® : 1 000 mg/m²/j pendant 5 jours, en 3 prises orales quotidiennes.

Ces cures de chélation doivent être répétées autant de fois que nécessaire, avec l’association EDTA-SUCCICAPTAL® au début, avec un relais par le SUCCICAPTAL®sul.


Traitement martial

En cas de carence en fer documentée (situation fréquente) et en l’absence d’indication de chélation par le BAL, une supplémentation en fer doit être prescrite selon les règles usuelles en médecine de l’enfant :

  • administration par voie orale de sels organiques, fumarate (33% de fer métal)ou glutamate (10% de fer métal),
  • à la dose de 5 à 10 mg de fer métal / kg / jour, pendant 2 mois et après avoir averti la mère d’une possible coloration noire des selles et/ou d’une discrète modification du transit intestinal.

Bien informer la famille sur l’importance de la durée du traitement.

En cas de modification importante du transit intestinal (constipation, diarrhée), ne pas arrêter le traitement mais diminuer la posologie.


Prise en charge psycho-éducative

En présence de troubles du comportement, notamment alimentaire (pica) et/ou d’une carence éducative, une prise en charge appropriée doit également être engagée. Les services de Protection Maternelle et Infantile et les Centres d’Action Médico-sociale Précoce (CAMSP) constituent alors des ressources fort utiles.