Tous les professionnels exerçant un métier en relation directe ou indirecte avec les enfants (professionnels de santé, éducateurs, travailleurs sociaux…) sont concernés par la lutte contre le saturnisme infantile chronique. La vigilance pour le repérage des situations et des enfants à risque est l’affaire de chacun.
Les enfants à risque
sont âgés de 12 mois à 7 ans
c’est-à-dire entre le début de l’autonomie et l’âge de la scolarisation.
ET vivent dans un environnement à risque
- lieu de vie habituel
- construit avant 1949 ET dégradé (peintures écaillées accessibles) ;
- ou construit avant 1949 ET rénové depuis moins d’un an ;
- ou fréquenté par un autre enfant connu pour présenter un saturnisme ;
- ou identifié comme étant à risque pour l’intoxication au plomb (bilan plomb positif ou proximité d’une source industrielle) ;
- activités professionnelles ou de loisirs des proches
- métallurgie, ferrailleurs, céramistes…
- chasse, soldats de plomb…
et présentent éventuellement certains autres indicateurs de risque :
- ils appartiennent à un groupe social à risque
- familles en situation de précarité (niveau de revenus, bénéficiaires d’aides sociales),
- populations itinérantes (gens du voyage : terrain pollué, maniement de matériels pollués),
- immigration récente.
- ils ont un comportement individuel à risque
- portage à la bouche fréquent, toléré par les proches, et au maximum : syndrome de pica (ingestion compulsive de produits non alimentaires).
- grattage des murs pour détacher des écailles de peinture
- ils présentent des symptômes pouvant être dûs au saturnisme , (non indispensables !)
- anémie, surtout si elle s’est avérée être mal corrigée par un traitement martial bien conduit ;
- signes digestifs banaux : douleurs abdominales, constipation, anorexie.
- troubles du comportement : apathie, tristesse ou excitation, trouble du sommeil ;
- rarement retard psychomoteur, maux de tête, mauvaise croissance staturo-pondérale.
En outre, ce repérage doit être répété à plusieurs reprises pendant la période à risque :
entre 12 mois et 7 ans,
et poursuivi au-delà chez les filles qui habitent un environnement pollué (prévention pour le futur foetus).
Grossesse et allaitement
- Avant la grossesse :
Le fait pour une femme d’avoir présenté un saturnisme chronique dans son enfance ne doit pas conduire à déconseiller une grossesse ; cependant, il est nécessaire de veiller à l’absence de poursuite de la contamination et de suivre le développement du futur bébé.
- Pendant la grossesse :
Le fait pour une femme enceinte de présenter des facteurs de risque environnemental identiques à ceux énumérés ci-dessus pour les enfants représente une situation à risque pour le foetus.
- Après la naissance :
Chez une femme présentant des facteurs de risque, l’allaitement est autorisé jusqu’au seuil de 100 µg/L de plomb. Au-delà, la décision de contre-indication de l’allaitement ne doit pas être systématique, mais réfléchie en tenant compte des bénéfices du lait maternel sur la prévention des infections et de l’allergie et des bénéfices psychologiques dans la relation mère-enfant.


