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La chélation

 

- But et mécanisme d’action

La chélation a pour but de solubiliser le plomb fixé dans le squelette pour permettre son passage dans le secteur vasculaire puis son élimination rénale.

De ce fait, l’effet immédiat d’une chélation peut être une augmentation sensible et fugace de la plombémie. D’autre part, les chélateurs favorisent aussi la solubilité du plomb qui pourrait être présent dans le tube digestif, et donc augmentent le taux d’absorption digestive du plomb si l’enfant est toujours en train de se contaminer ou n’a pas éliminé le plomb qui stagne dans son colon et son sigmoïde.

Ainsi, une règle essentielle de base est qu’un médecin doit s’assurer avant et pendant toute chélation que l’enfant n’est pas en situation de contamination.

- Types d’indications

  • en situation d’urgence, pour entraîner une diminution rapide de la charge en plomb en cas d’intoxication grave susceptible de provoquer des complications graves potentiellement mortelles quand plombémie >= 700 µg/L) ;
  • plus souvent, pour libérer les fonctions enzymatiques inhibées par le Pb (synthèse de l’hémoglobine, notamment) et diminuer le stock osseux afin de limiter les effets à long terme en rapport avec le relargage du Pb.

- Médicaments chélateurs

Trois médicaments sont utilisables en France, réservés à l’usage hospitalier.

  • Le dimercaprol ou BAL (British Anti-Lewisite), a la particularité d’avoir une très bonne diffusion tissulaire, y compris cérébrale ; en raison de ses nombreux effets secondaires et inconvénients, il n’est utilisé qu’en cas d’intoxication très grave pour prévenir le risque d’encéphalopathie.
  • l’ EDTA (ethylene-diamine tetra-acetic acid) monocalcique est un bon chélateur du plomb fixé dans l’os mais il a l’inconvénient de ne pas être spécifique (fuite d’autres métaux). Il est administré en perfusion veineuse et nécessite une hospitalistion.
  • le succimer (SUCCICAPTAL®) ou DMSA (di-mercapto succinic acid) qui est une forme hydrosoluble du BAL, utilisable per os ; bien toléré (élévation discrète et transitoire des transaminases dans 5% des cas), il est administré en ambulatoire par cures de quelques jours. Il existe 2 points critiques pour ce traitement ambulatoire :
    • la nécessité d’être sûr de l’absence de contamination sur une période de plusieurs jours ;
    • la nécessité de s’assurer de la régularité des prises du médicament.
 
 
Publié le samedi 4 juin 2005
Mis à jour le mardi 7 juin 2005

 
 
 
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